Covid-19 : l’espoir de l’immunité collective s’éloigne avec le variant Delta

Le variant Delta change la donne. Plus facilement transmissible, il repousse les limites pour atteindre l’immunité collective. L’été s’annonce déjà compliqué

1- Nouvelle-Zélande, Allemagne : L’immunité collective s’éloigne

Alors que l’on estimait jusqu’à présent qu’il fallait atteindre les 75% de la population vaccinée pour arriver à une immunité collective, une modélisation néo-zélandaise a repoussé cette limite à 83%. Pire, si le variant Delta devient majoritaire, il faudra arriver à 97% de la population vaccinée ou guérie pour atteindre cet objectif. C’est seulement dans ces conditions que l’on pourra abandonner gestes barrières et confinements. L’étude note en outre que des populations isolées et difficiles à aller vacciner comme les Maoris « resteront vulnérables à une vague importante de contaminations ». Il ne faut donc pas rouvrir les frontières avant qu’ils ne soient vaccinés à au moins 90%.

En Allemagne, le Robert Koch Institut évalue aussi à 85% des moins de 60 ans et 90% des plus de 60 ans la limite minimale pour espérer une immunité collective. Avant la Covid-19, cette limite était fixée de 60 à 80%.

2- Pays-Bas : La Covid-19 attaque le cerveau

Le coronavirus attaque les cellules du cerveau et pourrait possiblement entraîner des désordres neurologiques et psychologiques estime une étude du centre de médecine de l’université Erasme de Rotterdam. Le SARS Cov2 peut pénétrer dans le cerveau via le nerf olfactif et ainsi infecter des cellules, entraînant une réponse inflammatoire. Celle-ci peut rarement conduire à une encéphalite mais plus sûrement à des désordres neurologiques.

Et ce même si le virus est rapidement éradiqué et n’a créé que peu de dommages directs au cerveau. Mais il provoque la production de cytokines, des cellules messagères du système immunitaire. Ce sont elles qui seraient responsables des désordres à venir. Actuellement, un malade de la Covid-19 sur trois a développé des problèmes neurologiques six mois après avoir été touché.

3- Grande-Bretagne, Allemagne : la confiance envers les médias se renforce

Effet secondaire du coronavirus : les gens accordent une plus grande confiance aux médias qu’avant la crise. Selon le Digital News Report de l’institut Reuters (Université d’Oxford), l’utilisation des médias audio-visuels et en ligne a fortement augmenté mais surtout, la crédibilité des médias a augmenté dans le monde entier. Et ce essentiellement dans les pays qui disposent de médias libres et publics comme la Grande-Bretagne, la Norvège, ou l’Allemagne. Dans ce pays, la confiance et à 53% (+ 8 points). Dans le même temps, de plus en plus de gens affirment avoir du mal à différencier information et fake news : 37% en Allemagne, 82% au Brésil.

4- Grande-Bretagne : Un meilleur masque pour une meilleure protection

L’hôpital Addenbrooke de Cambridge a observé que le port d’un masque FFP3 protège nettement mieux du virus qu’un masque chirurgical classique. Avant décembre 2020, le personnel de l’hôpital travaillant dans les services Covid-19 avaient 50 fois plus de probabilité d’être infectés que ceux des autres services. Depuis lors, ces personnels portent un masque de la plus haute protection et les taux de contamination sont retombés au même niveau que dans les autres services. L’étude précise toutefois que, vu le faible nombre de sujets, une étude plus vaste est nécessaire.

Jean Luc Eluard