Hausse des prix : quels carburants pour remplacer l’essence et le gazole ?

La guerre en Ukraine enflamme le prix des hydrocarbures. Quelles solutions s’offrent aux Français qui ne peuvent troquer leur voiture pour le vélo, les transports en commun ou le covoiturage afin de réduire leur facture tout en polluant moins ?  Le point

 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022, et les sanctions contre la Russie, le prix du baril et donc celui du carburant explose. Ce dernier dépasse désormais les 2 euros le litre pour le gazole, le SP95 et le SP98. L’Europe, grandement dépendante de la Russie, doit trouver des alternatives.

Pour réduire rapidement la consommation de pétrole face au risque de choc, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a présenté le 18 mars une liste de mesures : baisser la vitesse sur autoroute d’au moins 10 km/h, rendre les transports publics moins chers, encourager la mobilité douce (marche, vélo…), télétravailler trois jours par semaine quand cela est possible, éviter les voyages d’affaires, adopter les véhicules électriques…

Ceux qui ne peuvent se passer de leur voiture pourront se tourner vers les carburants alternatifs, qui présentent chacun des avantages et inconvénients. Nombre d’automobilistes commencent à les adopter.

GPL et bioéthanol : moins chers et moins polluants

Bénéficiant d’un traitement fiscal préférentiel (fiscalité environ 10 fois inférieure à celle sur l’essence et le diesel), le litre de GPL (gaz de pétrole liquéfié) et celui de superéthanol (E85) affichent un tarif inférieur de moitié à celui de l’essence ou du diesel.

Le gaz de pétrole est un dérivé du traitement du gaz naturel et du raffinage du pétrole. Il émet 20 % de dioxyde de carbone (CO2) de moins que l’essence et aucune particule. Depuis le début de 2022, les volumes consommés de GPL sont en progression de 65 %, selon un article paru dans Le Monde. En outre, le GPL n’est pas dépendant d’importations de gaz russe : 30 % de sa production s’effectue en France, le reste provient d’Algérie et de Norvège. Ce carburant alternatif donne droit à une vignette Crit’Air 1 qui permet de rentrer dans les grandes villes même les jours d’alerte à la pollution.

Mais un modèle GPL consomme un peu plus qu’une voiture « classique » essence ou diesel, et le réseau de distribution de GPL ne compte « que » 1500 points de vente et, en région parisienne, il est difficile de trouver une pompe.

Quant au superéthanol (ou E85), il contient entre 60 % et 85 % de bioéthanol (contre 5 à 10 % pour les carburants classiques) provenant notamment de la fermentation de produits agricoles alimentaires comme la betterave, le blé, la canne à sucre ou le maïs. Le réseau de distribution est plus dense (plus de 2700 stations) et il bénéficie d’une fiscalité préférentielle et d’aides (primes, carte grise gratuite) octroyées par certaines collectivités. Toutefois, il faut là aussi prévoir une surconsommation de 20 à 30 %.

Par ailleurs, si les émissions de COdu bioéthanol sont réduites de moitié, l’impact environnemental des cultures céréalières intensives nécessaires à sa production est pointé du doigt. En outre, le bioéthanol concurrence les cultures alimentaires…

Un simple boîtier de conversion

Pour passer au GPL ou au bioéthanol en toute légalité, il est d’abord possible d’acheter un véhicule directement compatible, mais toutes les marques n’en fabriquent pas. Pour le premier, le groupe Renault est leader européen, notamment au travers de sa marque Dacia. Pour le second, les marques américaines Ford ou Jaguar-Land Rover sont les principales à proposer des gammes éthanol.

L’autre solution consiste à se faire installer par un garagiste agréé un boîtier de conversion homologué (coûtant entre 700 et 1200 euros) sur votre véhicule essence (SP95 ou SP98) si celui-ci est compatible. Bon à savoir : certaines régions, comme les Hauts-de-France et le Grand Est, proposent des aides.

Boom de l’électrique

Autre option : passer à la voiture 100 % électrique. En hausse de 60 % en février 2022, ces modèles pèsent désormais 12 % du marché. Côté inconvénients : ils sont plus chers à l’achat, disposent d’une moindre autonomie et de peu de bornes disponibles. Ils peuvent nécessiter un temps de charge important, et la production de leurs batteries pose des problèmes environnementaux et sociaux. Mais, côté avantages, ils sont bien moins onéreux à l’usage qu’un véhicule thermique et ne rejettent pas de polluants dans l’atmosphère ni de CO2.

Bref, la hausse du prix du carburant pourrait être une aubaine pour les carburants alternatifs et…la transition énergétique.

Florence Heimburger