« Les lauriers sont mauvais pour la santé ». Vérification des faits

Dans les jardins ou dans les plats, en pot ou en terre, qui n’a pas déjà eu un laurier chez soi ? Cet arbuste attire les regards douze mois par an grâce à son feuillage persistant. Mais attention, certaines espèces peuvent être dangereuses. Démêlons le vrai du faux

Laurier des bois, des montagnes, laurier sauce, rose… Une dizaine de plantes portent le nom de « laurier ». Si certaines peuvent entraîner des complications importantes, seule l’une d’entre elles est comestible : le laurier sauce. Voici quelques explications pour éviter les risques.

1- Le laurier rose : une plante entièrement toxique

Les fleurs du laurier plaisent beaucoup mais c’est une plante dont il faut se méfier.  Qualifiée de « rose », l’espèce regroupe les même fleurs de couleurs blanches, jaunes, rouges ou orange. Selon le Centre antipoison belge, la plante renferme des  glycosides cardiotoniques. Dans les cas graves, on observe un ralentissement du pouls, des troubles du rythme cardiaque et un état de choc. Sinon des vomissements, des douleurs abdominales et des maux de tête. Mais la gravité de l’intoxication varie en fonction de la quantité ingérée.

2- Le laurier cerise : se méfier des feuilles plus que des fruits

Souvent planté en haies séparatives, le laurier cerise est connu pour ses fruits noirâtres semblables à des myrtilles. Le Centre antipoison animal précise que les noyaux des drupes, les feuilles et les tiges contiennent des hétérosides cyanogénétiques qui se transforment en cyanure dans l’organisme. Cela empêche la libération d’oxygène dans les cellules, provoquant des signes nerveux. Cette substance n’est pas présente dans la pulpe du fruit, surtout s’il s’agit de vieux arbustes.  Il convient d’éloigner les enfants de cette plante mais aussi les animaux : ceux de compagnie comme ceux des prés, notamment si les branches jonchent le sol.

Ces deux espèces se trouvent dans les jardins. Lors de leur entretien, il faut porter des gants et se laver les mains avec précaution. On peut aussi évoquer le laurier des bois, moins courant mais tout aussi toxique. Semblable au laurier cerise grâce à ses petits fruits en grappe, cet arbrisseau renferme la mézéréine. Si l’on se réfère au Centre hospitalier régional universitaire de Lille, cette substance provoque des troubles digestifs peu après l’ingestion, des vomissements et des diarrhées, aussi bien pour l’homme que pour l’animal. Le goût souvent désagréable tend à limiter la quantité avalée.

3-Laurier sauce : seul parfumé et seul comestible

Ils suffit de frotter légèrement la feuille du laurier sauce (aussi appelé laurier thym) pour sentir le parfum méditerranéen qui aromatise les plats. C’est le seul laurier comestible et non toxique. Il est donc important de le planter loin des autres lauriers. La rubrique « Binette & Jardin » du Monde souligne ses propriétés médicinales : digestives, antiseptiques, expectorantes, diurétiques, anti-rhumatismales. Il n’existe pas de contre-indications à la consommation de laurier feuille. Les quantités ingérées généralement minimes ne représentent aucun danger pour la santé de la population dans sa globalité.

Célia Vallet

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat sur le Fact Checking entre Curieux et l’EFJ Bordeaux avec les étudiants de seconde et troisième années de cette école de journalisme.