Chongqing in mist or pollution smog.

Un rapport publié par l’Université de Chicago montre qu’un air pollué réduit l’espérance de vie de plus de deux ans. Il rappelle que les seuils nocifs pour la santé humaine sont dépassés dans presque tous les pays du monde. La concentration des particules fines dans l’atmosphère fait autant de morts que le tabac. Explications

Combustion du charbon, du pétrole et du gaz et même feux de forêts comme ceux qui sévissent en Gironde et Charente en ce moment chargent l’atmosphère en particules fines. Or cette pollution de l’air, participe au dérèglement climatique et nuit aussi à notre santé. Selon le rapport Air Quality Life Index publié mi-juin par l’Energy Policy Institute de l’université de Chicago, la pollution aux particules fines raccourcit l’espérance de vie moyenne de 2,2 ans dans le monde.

Le rapport indique plus précisément que « réduire définitivement la pollution de l‘air mondiale pour respecter les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) permettrait d’ajouter 2,2 années à l’espérance de vie moyenne. »

Les recommandations de l’OMS sont les suivantes : la densité de PM2,5 dans l’air ne doit pas dépasser les 15 microgrammes par mètre cube sur toute période de 24 heures, et rester inférieure à cinq microgrammes par mètre cube en moyenne sur un an. Des seuils qui ont été renforcés l’an dernier (nouvelle directive de l’OMS) face aux preuves de l’impact des particules fines sur la santé.

97,3 % des régions habitées du monde dépassent les seuils de l’OMS

Presque toutes les régions habitées du monde (97,3 % de la population mondiale !) dépassent ces recommandations de l’OMS mais l’Asie du Sud, détient le record. Là-bas, selon ce rapport, les habitants perdent 5 ans de leur vie en moyenne en raison de la pollution de l’air, et davantage encore dans les régions les plus polluées…

Ainsi, au Bangladesh, les niveaux sont 15 fois supérieurs à ceux préconisés par l’OMS, en Inde, 10 fois supérieurs et au Népal et au Pakistan, neuf fois supérieurs. Les maladies causées par ces particules réduisent l’espérance de vie de jusqu’à dix ans dans la capitale indienne New Delhi.

48 000 morts prématurées par an en France

Ces microparticules (dites PM2,5 pour « Particule matter ») dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns, ont été classées cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2013. Elles pénètrent en profondeur dans les poumons et s’introduisent dans le sang, provoquant des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

À elle-seule, cette pollution particulaire tue chaque année en France plus de 48 000 personnes, selon Santé Publique France. Dans le monde, un décès sur cinq est imputable à la pollution de l’air par les énergies fossiles.

Une pollution de l’air aussi mortelle que le tabagisme

Cet impact sur l’espérance de vie « est comparable à celui du tabagisme, plus de trois fois celui de la consommation d’alcool et de l’eau insalubre, à six fois celui du VIH/sida et à 89 fois celui des conflits et du terrorisme » indique le rapport.

Malgré un ralentissement brutal de l’économie mondiale et une baisse des émissions de CO2 liés à la pandémie de Covid et aux confinements, la pollution aux microparticules PM2,5 n’a pas baissé en 2020 (données les plus récentes disponibles).

Florence Heimburger

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