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1- La grossesse permet de rajeunir après un vieillissement temporaire

Il y a des évènements dans la vie qui donnent un sacré coup de vieux. Pour la moitié de l’humanité, c’est potentiellement le cas avec la grossesse. Et ce n’est pas qu’une impression liée à la fatigue, à la modification du corps ou encore de la bombe hormonale subie pendant la grossesse. Cela représente exactement deux années ! Ce chiffre provient d’une étude scientifique de chercheurs américains et allemands publiée dans la revue Cell metabolism.

Pour mesurer ce vieillissement, les scientifiques ont analysé des échantillons de sang de femmes enceintes tous les trois mois aussi trois mois après l’accouchement. Le tout pour permettre une analyse épigénétique, c’est-à-dire « l’étude des changements dans l’activité des gènes » comme le définit l’Inserm.

Et la grande surprise vient de l’analyse de l’épigénome après la grossesse.

Kieran O’Donnell de la Yale School of medicine and surgery explique : « À trois mois du post-partum, nous avons constaté une diminution remarquablement importante de l’âge biologique, allant jusqu’à huit ans pour certaines personnes. Ainsi, même si la grossesse augmente l’âge biologique, il y a une récupération claire (et prononcée) dans le post-partum. »

Cet effet va varier considérablement selon la prise de poids et le stress. Les chercheurs ont aussi remarqué un effet positif sur l’âge biologique lié à l’allaitement maternel.

Reste à savoir si ce rajeunissement est un correctif apporté post-partum face au vieillissement observé pendant la grossesse ou s’il y a un véritable rajeunissement. Et si cela peut se cumuler d’une grossesse à l’autre.

2- Le tigre de Java n’a peut-être pas disparu

Tout ne tient qu’à un fil, ou plutôt à un poil. Il en va ainsi du tigre de Java. Ce magnifique félin, majestueux, est considéré comme disparu depuis 2008 selon le classement de la Liste rouge de l’Union internationale de la nature (UICN).

Comme pour l’ensemble des tigres, il a été victime de la destruction de son habitat naturel par l’homme. Le dernier tigre de Java aperçu l’a même été il y a bientôt 50 ans en Indonésie dans le parc Meru Betiri. Les plus optimistes pensaient voir sa présence dans des empreintes de pattes et quelques attaques de troupeaux. Mais les observations sur ce territoire n’ont rien données.

Il en fallait plus aux passionnés de l’animal pour se résoudre à croire à son extinction. Et c’est ainsi que des poils ont été ramassés après une probable observation du félin en aout 2019 dans une plantation.

Après des analyses ADN et des comparaisons avec l’ADN d’un tigre de java conservé dans un musée et à d’autres grands félins de la région, le poil semble bel et bien appartenir à un tigre de Java.

Les résultats de l’étude ont été publiées fin mars 2024 dans la revue scientifique Oryx de l’Université de Cambridge. Les chercheurs précisent dans l’abstract de l’étude : « De cette analyse complète de l’ADNmt, nous concluons que l’échantillon de poils du sud de Sukabumi appartient au tigre de Java et qu’il appartient au même groupe que le spécimen du musée du tigre de Java collecté en 1930. Il faut savoir si le tigre de Java est encore présent à l’état sauvage et cela doit être confirmé par d’autres études génétiques et sur le terrain. »

En tout cas, à défaut d’être éteint, le tigre de Java se cache bien.

Alexandre Marsat

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