fresh raw dorado fish on blue wooden kitchen table, top view

Le poisson, c’est bon, mais avec modération, et en alternant poisson maigre et poisson gras. A la fois pour éviter d’être exposés à des contaminants chimiques présents dans les poissons gras et pour préserver les ressources

Rien de tel qu’une darne de thon marinée et grillée au barbecue, ou qu’un pavé de saumon cuit à l’unilatérale pour se faire plaisir, revendiquent les amateurs de poisson. Oui, mais avec modération ! Car, si les poissons gras comme le thon ou le saumon constituent une source intéressante d’oméga-3 « à longue chaine » (1), ils peuvent aussi accumuler des contaminants chimiques dans leurs chairs… qui passent ensuite dans notre propre organisme.

Se protéger des PCB

En raison de la pollution des océans, de nombreuses espèces de poissons renferment en effet des contaminants chimiques, comme les dioxines, les PCB (2) ou le méthylmercure. Les premières se retrouvent préférentiellement dans les poissons les plus gras comme les anguilles (3), ainsi que dans certains poissons d’eau douce comme la carpe. Le méthylmercure se retrouve pour sa part dans les prédateurs sauvages comme le thon ou la lotte. 

En raison des effets néfastes de ces polluants pour la santé humaine en cas de surconsommation, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande donc de se limiter à deux portions de poissons par semaine et d’alterner poisson gras et poisson maigre. (4) Ces polluants étant préférentiellement stockés dans les graisses, les poissons maigres (cabillaud, julienne, merlan, lieu noir, carrelet) ont en effet moins de risque d’être contaminés. L’ Anses suggère aussi de varier les lieux d’approvisionnement et les espèces consommées. Cette recommandation croise les préoccupations des scientifiques et des ONG environnementales inquiets de l’état des ressources marines.

Éviter un effondrement des ressources marines

Dans son Rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques (2019), l’IPBES estime ainsi que 33% des stocks mondiaux de poissons sont déjà surexploités. Parmi les espèces pêchées par la France, c’est le cas des populations du chinchard d’Atlantique et de la sole du golfe de Gascogne. D’autres, comme celles du merlu de Méditerranée, sont d’ores et déjà considérées comme « effondrées » par les experts de l’Ifremer.

« La pêche maritime (…) a vidé la mer d’une partie de ses ressources et perturbé en profondeur le fonctionnement des écosystèmes marins », dénonce Didier Gascuel, enseignant-chercheur à Agrocampus Ouest et membre du Conseil scientifique d’Ifremer. Pourtant, une autre pêche est possible, plaide-t-il dans son Manifeste pour une pêche vraiment durable.

Une « pêchécologie » qu’il est possible d’encourager en mangeant moins, mais mieux. Notamment en limitant ou en évitant la « consommation de poissons d’élevage (saumon et truite, bar et dorade d’élevage), qui sont des (…) mangeurs de poissons et qui aggravent ainsi les problèmes de surpêche en consommant de la farine de poisson ». Il est aussi recommandé de privilégier lorsque c’est possible « la pêche du jour et les circuits courts » et d’acheter « les petites espèces comme la sardine, le maquereau ou l’anchois », toutes aussi délicieuses à cuisiner à la plancha et moins menacées.

Alexandrine Civard-Racinais

  1. Des acides gras qui participent à la bonne santé cardio-vasculaire, de la rétine, du cerveau et du système nerveux
  2. L’utilisation des PCB ou polychlorobihényles est interdite depuis 1987, mais ces composés chimiques persistent dans l’environnement.
  3. L’anguille européenne étant par ailleurs une espèce en grand danger de disparition, il est souhaitable de ne plus la consommer.
  4. Recommandations relayées dans le Programme national nutrition santé (PNNS).

Pour bien choisir son poisson

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