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1- Les femmes transmettaient le pouvoir chez les Celtes

« la sœur du prince de Hochdorf était la mère du prince d’Asperg ». Voici une déclaration qui, sans en avoir l’air pour le profane, est révolutionnaire. L’archéologue qui a prononcé cette phrase , Stephan Schiffell de l’Institut Max Planck, met en avant ce que l’on appelle une société matrilinéaire. C’est à dire des communautés où le pouvoir, certes détenu par des hommes, est transmis par les femmes. Cette observation est émise pour une société particulière : les Celtes.

Les peuples celtes recèlent de nombreux mystères pour les historiens car ils n’étaient pas d’une culture de l’écrit. Seules les tombes, parfois richement garnies permettent aux archéologues d’éclairer différents aspects de leurs sociétés. Venus d’Europe centrale à partir du deuxième millénaire avant notre ère, ils ont été présents dans toute l’Europe et notamment en Gaule à partir de la période dite du Hallstatt (900 avant J.-C.)

C’est cette culture du Hallstatt où les celtes sont présents autour des Alpes que les scientifiques allemands du célèbre institut Max Planck cherchent à mieux comprendre et notamment les liens de parentalité entre les chefs. Pour cela, ils ont analysé les dépouilles présentes dans les célèbres (et luxueuses) sépultures de Hochdorf et Asperg dans la région allemande de Bade-Wurtemberg où ont été découvertes les tombes de deux princes celtes de 50 années de différence.

Visualisation de la tombe centrale/sépulture principale du tumulus de Hochdorf dans le Bade-Wurtemberg. © Landesmuseum Wurtemberg, FaberCourtial ; Thomas Hoppe (reconstruction scientifique)

Pour tenter de déterminer si le pouvoir se transmettait dans la famille ou en reconnaissance d’actes guerriers, ils ont séquencé l’ADN de 31 individus présents dans les sépultures à partir de dents et des os du crâne de l’oreille interne. Dans un communiqué de presse accompagnant la publication de l’étude dans la revue scientifique Nature human behaviour, l’Institut Max Planck précise : « Après avoir établi une relation génétique entre les deux individus, l’équipe a examiné toutes les connexions possibles, telles que les frères, demi-frères et sœurs, grand-père et petit-fils, ainsi que l’oncle et le neveu ». Et c’est ainsi qu’il a été découvert que « la sœur du prince Hochdorf était la mère du prince Asperg ».

S’il est courant que la transmission du pouvoir se fasse via la famille en mode dynastique, il est exceptionnel que cela soit par la lignée maternelle.

Un mystère de l’organisation celte est levé.

2- Détecter la démence plusieurs années auparavant

Face à la fatalité de la survenue des maladies neurodégénératives comme Alzheimer, beaucoup aimerait pouvoir prédire si on aura ou pas ces affections. Au-delà de la trop célèbre maladie d’Alzheimer, ce n’est pas moins d’un million de personnes qui sont victimes de démence en France.

Des scientifiques viennent de déclarer avoir une méthode pour prédire le risque de démence et ce 9 ans auparavant avec 80% d’efficacité. Le test repose sur le fameux « mode par défaut » touché en premier par la maladie d’Alzheimer. Ce mode par défaut permet au cerveau au repos d’avoir une très forte… activité.  L’analyse IRM permet de percevoir des modifications dans ce vaste réseau du mode par défaut.

Publiée dans la revue Nature mental Health, cette étude ouvre de nouvelles perspectives de prise en charge et de traitement en amont du diagnostic de l’éventuel démence elle-même.

Alexandre Marsat

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