Les maths font mal à la tête. Littéralement : l’anticipation d’avoir à faire des maths peut provoquer des douleurs migraineuses. Voilà de quoi donner une bonne excuse aux cancres. Mais pas forcément…

L’imagerie médicale est venue au secours de générations entières de nul en maths en montrant que l’idée d’avoir à résoudre un problème de maths peut provoquer des douleurs pour ceux qui souffrent d’anxiété mathématique.

Une équipe de l’université de Chicago a en effet démontré que l’anticipation d’avoir à résoudre des équations mathématiques relativement simples met en action une zone du cerveau appelée « insula postérieure ». Or, celle-ci est associée à la réponse à la douleur. Il en ressort que l’angoisse préventive à un exercice mathématiques peut réellement être ressentie comme une douleur. Mais ce qui est intéressant c’est qu’une fois que les sujets font l’exercice, l’activation de l’insula cesse. C’est donc l’idée d’avoir à se colleter aux mathématiques qui est douloureuse mais pas les maths eux-mêmes.

La douleur du rejet

Mais cela n’est pas exempt de conséquences pour tous ceux qui ont cette angoisse toute subjective. Car ils entrent dans un cercle vicieux qui s’appuie sur cette appréhension de la douleur pour rejeter encore plus les maths. Ce qui pourrait être simplement résolu par des cours de soutien qui leur donneraient les capacités nécessaires à comprendre et surmonter leur rejet devient un traumatisme qui s’auto-alimente.

Une autre étude avait déjà mis en évidence qu’une douleur physique pouvait découler de l’expérience d’être rejeté socialement. Mais les chercheurs avaient supposé que cette douleur pouvait être issue de l’évolution : pour un animal hautement sociable comme l’homme et qui ne pouvait survivre qu’en groupe, cette douleur était censée rendre la désociabilisation plus difficile. Or, ça ne marche pas avec les maths : ils ne sont pas suffisamment anciens pour qu’un biais évolutif ait pu se mettre en place.

Quand le cerveau brise le cœur

Ce n’est pas la première fois que l’on met en évidence une douleur concrète liée à une émotion. C’est ainsi que l’on sait depuis les années 90 qu’un chagrin d’amour très profond peut littéralement « briser le cœur ». La cardiopathie de Tako-Tsubo provoque des micro-lésions dans le cœur et a un effet semblable à celui d’un infarctus. La capacité d’éjection du cœur diminue de 30% mais elle se rétablit au bout de trois jours. Dans la majorité des cas, il n’y a pas de séquelles mais cela peut entraîner des fibroses (dégradations du muscle cardiaque). Voire conduire à un décès dans 1% des cas.

Et au risque de renforcer des idées reçues, cette pathologie touche à 90% les femmes. Avant d’en conclure qu’elles sont bien sûr plus sensibles, la médecine n’avance aucune explication. D’autant qu’au Japon, où le Tako-Tsubo a été mis en évidence pour la première fois, ce sont les hommes qui en sont les principales victimes. Ce qui confirme provisoirement une autre idée reçue : le cœur a ses raisons que la raison ignore.

Jean Luc Eluard

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