Faut-il nourrir les oiseaux en hiver ?

Quand la bise et le froid s’installent, la gent ailée est à la peine. En cette période de l’année, les oiseaux de nos jardins méritent un petit coup de pouce. Mais pas question de leur donner n’importe quoi, n’importe comment.

 

L’hiver, la vie est dure pour les oiseaux sédentaires ou les petits migrateurs venus du Nord. Les ressources alimentaires (insectes, baies, semences…) deviennent plus rares et les sols gelés rendent la recherche de la nourriture plus ardue. Sans compter le raccourcissement des journées qui limite d’autant le temps passé à chercher sa pitance. Aussi est-il recommandé de les aider en installant des mangeoires dans votre jardin ou sur votre balcon. Sans oublier « un point d’eau à placer en hauteur, à l’abri des prédateurs, notamment des chats », recommande Lucie Fuentes, animatrice à la LPO Aquitaine.

 

SOS oiseaux en détresse

Les oiseaux ont besoin d’aliments riches en glucides et en graisses pour résister aux longues nuits froides. Selon les espèces concernées, vous pouvez distribuer des fruits, des matières grasses ou des graines. Pommes, poires, raisins (mais aussi feuilles de salade flétries) feront le bonheur des grives et des merles. « Les graines de tournesol noires, très riches en lipides, sont idéales pour les mésanges, pinsons et autres petits oiseaux ». Prenez-les bio dans la mesure du possible.

De même, on prendra soin de bannir l’huile de palme… dans les pains de graisse achetés dans le commerce. Il est d’ailleurs possible de confectionner soi-même et à moindre coût des pains de graisse truffés de graines/fruits secs à partir de margarine, végétaline, graisse à frites (tournesol de préférence) ou autre.

A noter que les pics ou les moineaux ne dédaignent pas un morceau de lard ou un peu de saindoux de temps à autre. Quelles que soient les espèces qui fréquentent votre jardin ou balcon,  « attention à ne pas donner trop de nourriture d’un coup ! Mieux vaut réapprovisionner les mangeoires », conseille Lucie Fuentes. De même on veillera « à changer l’eau régulièrement » et à la déglacer les jours les plus froids.

En hiver, le rouge gorge fréquente volontiers les mangeoires. PHOTOS Alain Boullah/ LPO

 

4 erreurs funestes à ne pas commettre

  • Evitez de donner les restes de vos repas, ils sont souvent trop salés, trop sucrés ou trop cuits pour l’organisme de nos invités à plumes.
  • Idem pour vos restes d’apéritifs… Les cacahuètes et autres fruits à coque destinées aux oiseaux doivent être données non grillées et non salées.
  • Ne donnez jamais de lait aux oiseaux : ils ne peuvent pas le digérer et cela peut occasionner des troubles digestifs mortels.
  • Contrairement aux idées reçues, le pain n’est pas la panacée ! Il remplit l’estomac des oiseaux et provoque de grosses carences alimentaires qui peuvent être fatales pendant la saison hivernale.

Comme tous les oiseaux granivores, la Sittelle torchepot affectionne les graines de tournesol.

Jusqu’en mars tu nourriras…

La LPO recommande de commencer le nourrissage aux premières gelées et de le poursuivre jusqu’en mars si l’hiver se prolonge. Lucie Fuentes : « Il est important de ne pas interrompre brutalement le nourrissage et de diminuer les portions petit à petit ». En revanche, une fois les beaux jours revenus, l’aide doit se tarir pour éviter de rendre les oiseaux dépendants de l’homme. « C’est également dangereux pour les jeunes qui ont besoin de beaucoup de protéines (via les insectes). Les graines pourraient déséquilibrer leur régime alimentaire ». L’aide à la gent ailée doit donc être ponctuelle et mesurée.

Alexandrine Civard-Racinais


Prêts ? Comptez les oiseaux !

 

Chaque année, les passionnés de nature sont invités à réserver une heure, le temps d’un week-end de janvier, pour compter les oiseaux de leur jardin. En 2019, cette opération de sciences participatives, organisée par la LPO et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), aura lieu les 26 et 27 janvier. Tous les détails (et la fiche de comptage à télécharger) sont à retrouver sur le site web www.oiseauxdesjardins.fr.