A Lascaux 4, Homo roboticus accueille Homo sapiens

Lascaux 4, à Montignac en Dordogne, héberge un robot pour accueillir le public. Et intéresser encore davantage de visiteurs. Curieux a testé pour vous.

Vous pensiez partir à la rencontre d’hommes préhistoriques en visitant Lascaux 4 ? Que nenni ! C’est à un robot que le public à affaire en se promenant dans le Centre international de l’art pariétal, qui a ouvert ses portes en 2016 à Montignac (Dordogne), non loin du site, fermé au public, de la « vraie » grotte de Lascaux.

Depuis juillet 2019, le robot Heasy rebaptisé « Homo Roboticus » par le personnel de Lascaux 4, créé par la société villeurbannaise Hease Robotics a en effet fait son entrée comme médiateur au sein de la galerie de l’imaginaire. Cette galerie très innovante dotée de 90 écrans disposés jusqu’au plafond est située dans un coin un peu retranché du vaste bâtiment semi-enterré et parfois oubliée par les visiteurs.

Le robot vise notamment à y attirer ces derniers. Il a été programmé par les ingénieurs de la société mérignacaise Générations Robots, en partenariat avec la société de marketing numérique Aquitem basée à Le Bouscat (33) et avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine. En test jusqu’à début novembre, « Homo Roboticus » a aussi pour objectif d’améliorer l’expérience des visiteurs et celle des médiateurs culturels, et de renforcer l’image moderne et innovante de Lascaux 4. Il devrait également permettre à des enseignants chercheurs d’étudier le comportement des visiteurs. Une étude avec le laboratoire de recherche bordelais IRGO (Institut de recherche en gestion des organisation) est actuellement en cours.

Homo Roboticus prêt à interagir dans les couloirs du Centre international de l'art pariétal. © Semitour - Robot Médiation - IMG_3943

Homo Roboticus prêt à interagir dans les couloirs du Centre international de l’art pariétal. PHOTO Semitour

Un robot aux allures humaines pour faire découvrir la grotte de l’imaginaire

Bruitages à la R2D2, yeux qui changent de forme (coeur…) en fonction du comportement de son interlocuteur, tête qui s’incline, déplacement… L’expressif personnage blanc mesurant 1,60 m intrigue. Une fois que le visiteur a scanné son billet, Heasy, lance un quiz de quelques questions via son écran tactile intégré sur son « ventre ».

L’hôte doit aller chercher les réponses dans cette étonnante grotte numérique composée de 90 écrans. Sur ces écrans sont affichées différentes œuvres artistiques depuis l’art pariétal jusqu’à l’art contemporain (œuvres de Miro, Tapies, Picasso…). De quoi permettre au visiteur d’explorer les liens entre ces différentes œuvres d’époques différentes. Chacun peut ensuite composer sa propre exposition, visible de tous, en sélectionnant des images d’art modernes combinées à d’autres d’art pariétal.

Cela fonctionne plutôt bien, notamment avec les jeunes qui… « adorent », selon Matthieu Lassimouillas, coordinateur marketing de Semitour Périgord, la société gestionnaire de Lascaux et autres sites qui font la renommée du Périgord.

« Le but du robot est multiple, raconte Franck Doucet, responsable d’exploitation de Lascaux 4. Son côté innovant intéresse les enfants à cette visite culturelle. Le robot assiste aussi nos médiateurs et n’a en aucun cas vocation à les remplacer, de manière moderne, ludique et apporte une vraie diversité. Nous voulions aussi proposer le patrimoine multimillénaires de Lascaux en le projetant dans le patrimoine actuel. »

Quoi qu’il en soit, robot ou pas, Lascaux 4 n’en finit pas de plaire : plus d’un million de personnes ont d’ores et déjà visité le Centre international d’art pariétal qui a ouvert ses portes il y a à peine 3 ans.

A Lascaux 4, la galerie de l'imaginaire laisse libre cours à l'imagination de chacun qui peut composer son exposition numérique où oeuvres contemporaines côtoient celles préhistoriques. © Semitour - Robot Public - IMG_3803

A Lascaux 4, la galerie de l’imaginaire laisse libre cours à l’imagination de chacun qui peut composer son exposition numérique où oeuvres contemporaines côtoient celles préhistoriques. PHOTO Semitour

Florence Heimburger