Pourquoi les persistants restent-ils verts ?

«Mon beau sapin, roi des forêts, tu gardes ta parure… » Mais comment fait-il pour rester vert tout l’hiver ? Les super-pouvoirs de Noël ? Non, les cours de botanique de l’école primaire.

Pour rappel, il y a deux (très) grandes familles d’arbres, les persistants et les caducs. Ces derniers perdent leurs feuilles. Ils ne résistent pas à l’arrivée du froid et surtout à un ensoleillement qui diminue dès l’automne. Les six mois de l’année où le soleil est suffisant, la chlorophylle va donner une couleur verte aux feuilles. Intrinsèquement, la couleur des feuilles devrait plutôt être orange, car elles contiennent des carotènes et des anthocyanes. Mais la chlorophylle prend le dessus jusqu’à ce que le soleil décline. Voilà pour la couleur, mais cela ne nous explique pas pourquoi les feuilles des caducs tombent.

En fait, l’arbre décide de s’en séparer, ne pouvant plus les nourrir. L’eau étant difficile à puiser dans le sol froid, il ne peut plus la trans- porter vers ses extrémités. Il stoppe alors sa sève. Quand le pétiole de la feuille qui n’est plus alimentée est sec, c’est la chute des feuilles. Les branches et le tronc, eux, seront protégés de l’hiver froid par l’écorce. Les persistants réussissent, eux, à rester verts grâce à un peu d’eau mais surtout à beaucoup de sève.

Dans le cas des conifères, non seulement les aiguilles n’ont pas besoin de beaucoup d’eau mais surtout leur surface foliaire très limitée évite la perte d’eau. Mieux, l’arbre a consacré beaucoup de sève pour qu’elles soient résistantes et épaisses. Elles vont donc durer de trois ans à plusieurs décennies selon l’hostilité du milieu. Car ces feuilles sont remplacées petit à petit, l’arbre ne les a pas pour toute la vie ! Certains d’ailleurs ne sont pas persistants mais marcescents : ils gardent leurs feuilles tout l’hiver avant que les nouveaux bourgeons les fassent tomber. D’autres sont semi-persistants comme le chêne kermès.

Ses cousins, le chêne vert et le chêne-liège, sont, eux, de vrais persistants. Très rustiques, ils apprécient la chaleur et résistent aux basses températures (jusqu’à -15 °C). Petites, épaisses et épineuses, dites coriaces, et recouvertes d’une couche cireuse qui les protège, les feuilles vont résister à l’hiver. Des résistants plus que des persistants.

Alexandre Marsat

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.