Peut-on découvrir de nouveaux animaux ?

La pollution, le changement climatique, les activités humaines, l’acidification de l’Océan, l’artificialisation des sols… Tout mène à une chute considérable de la biodiversité. Mais, dans ce monde de brutes, peut-on trouver quelques signes d’espérance ?

Comme les explorateurs du XVIe siècle, est-il possible de découvrir de nouvelles espèces ? Aujourd’hui, on en a inventorié 2 millions, dont un tiers dans l’eau. Impossible de faire mieux ? Pourtant, des espèces sont régulièrement découvertes car la Terre en abriterait 10 millions. Ce fut le cas, par exemple, l’an dernier dans la région avec Talpa aquitania. Une taupe dont les analyses génétiques et morphologiques poussées ont permis de la distinguer de la Talpa europaea, avec quelle était alors confondue.

Chaque année, ce sont 18 000 espèces – souvent présentes dans des zones inexplorées – qui rejoignent le grand inventaire de la Terre. Ainsi, l’expédition « La Planète revisitée », à laquelle a participé le Bordelais Laurent Charles, a ajouté quelques mollusques des eaux de la Guyane et de Papouasie-Nouvelle-Guinée aux 80 000 déjà connus. Mais le travail des scientifiques est long. Il faut organiser la collecte, identifier l’espèce qui peut déjà se trouver dans une collection. Puis la décrire et la nommer. Les passionnés de fleurs, d’insectes, de vertébrés, de poissons peuvent rêver de voir de « nouvelles » espèces répertoriées chaque jour. Mais il faut avouer qu’en fait il n’y a rien de nouveau. C’est juste que l’homme a fini par aller sur leur terrain, à améliorer ses outils d’observation ou à distinguer deux espèces entre elles. La biodiversité, elle, chute inexorablement.

Gilles Bœuf, scientifique reconnu, président du conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité et professeur à la Sorbonne, fait le tour du monde pour rappeler que, si rares sont les espèces qui disparaissent, leur population s’effondre à une vitesse folle. Pour lui, l’humain disparaîtra avec les emblématiques lions, baleines, éléphants et girafes. Le temps du réveil et non du rêve est venu.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.