Le coucou est-il pervers ?

Ce cher Cuculus canorus n’a pas bonne presse. On peut même affirmer qu’il a très mauvaise réputation. Il faut dire qu’on le qualifie de parasite pour son habitude à placer ses petits dans les nids des autres

Pourquoi s’encombrer à s’occuper de sa progéniture quand les autres peuvent le faire à sa place ? Une vraie espèce de squatteurs qui préfère les nids douillets aux habitats abandonnés. Et le coucou est un colonisateur intelligent : pour que les vrais- faux parents ne se rendent pas compte de l’arnaque, il place un seul œuf par nid et cela pour les 25 œufs que peut comporter sa « couvée ». Comme souvent, c’est à la femelle que revient la besogne. Elle sélectionne un nid où elle va enlever un œuf qui ressemble le plus au sien, car il peut être assez coloré.

Pauvre petit coucou, qui tient sa réputation des actes de ses parents… Le jeune oiseau n’est pourtant pas si blanc que cela. À sa naissance, une douzaine de jours après avoir investi le nid, il va dégager les autres œufs hors du nid, sans se faire remarquer des parents. C’est la bonne stratégie pour être bien nourri ! Car le coucou est un oiseau de belle taille qui nécessite de grandes becquées pour sa croissance. L’alimenter n’est donc pas une mince affaire pour le couple qui n’a toujours pas vu la supercherie. Adulte, il va mesurer jusqu’à 35 centimètres de long pour 60 centimètres d’envergure. En comparaison, un merle fait 25 centimètres pour une envergure de 40 centimètres.

Plus gros que ses parents adoptifs

Déposé dans des nids de passereaux, il dépasse souvent la taille de ses parents adoptifs avant de quitter le nid. Il partira alors vers l’Afrique pour y passer l’hiver. À son retour, c’est à lui de déposer ses œufs pour assurer la survie de son espèce. Une récente étude a montré que le coucou est capable d’une autre perfidie pour coloniser le nid des autres. La femelle va imiter le cri de l’épervier pour effrayer les parents et accomplir avec sécurité l’échange d’œufs.

Autant de mauvais comportements qui nous détournent de la beauté de cet oiseau à longue queue et au poitrail tacheté qui peut être gris ou roux (1). Seul l’adage populaire le rachète : « Si on entend le premier coucou de l’année avec de l’argent en poche, on sera riche toute l’année. »

(1) Le coucou gris est présent partout, de la côte aux moyennes montagnes. Son cousin, le coucou geai, aux mêmes mœurs, se limite aux départements méditerranéens.