Les plantes vertes dépolluent l’air intérieur. Vérification des faits

Nous passons en moyenne 80% de notre temps dans des espaces fermés. Pourtant même à l’intérieur, nous sommes exposés à de nombreux polluants. Les plantes vertes seraient-elles notre meilleur atout pour assainir les pièces ? Démêlons le vrai du faux

Durant la journée, les plantes absorbent le CO2 présent dans leur environnement et relâchent de l’oxygène. Plus la taille des feuilles est importante, plus la transformation de CO2 en oxygène est conséquente. Toutefois, une seule plante n’apporte aucun changement à la qualité de l’air intérieur.  

Les racines et les microorganismes contenus dans le substrat des plantes seraient ce qui absorbe le plus de polluants retenus dans un espace clos. D’après une étude menée par la NASA, certaines plantes sont plus efficaces pour lutter contre plusieurs composés organiques volatils, tels que le benzène, le xylène, l’ammoniac, le formaldéhyde ou le trichloréthylène. Parmi ces plantes, nous retrouvons : le lierre anglais, le lys de la paix, la langue de belle-mère, le dracaena à bords rouges, le chrysanthème de fleuriste, et bien d’autres. 

De plus, la photosynthèse et la chlorophylle des plantes absorbent l’hydrogène ionisé et libère des ions négatifs d’oxygène dans l’air. Cependant, les ions négatifs dégagés des plantes ne sont pas assez significatifs pour purifier l’air intérieur même si ils contribuent légèrement.  

Filtration des composés organiques volatils ?

La phytoremédiation est un processus qui permet l’élimination des polluants de l’air et de l’eau  par les plantes. Dans les années 80, les expériences menées par la NASA ont démontré que certaines plantes d’intérieur ont la capacité de filtrer les composés organiques volatils (COV) présents dans les espaces fermés.

Depuis, l’idée d’assainir l’air intérieur via les plantes vertes est devenue très populaire.  

Or, le programme d’expérimentation Phytair qui depuis 2004 suit l’évolution des polluants sur les plantes et inversement, n’est pas unanime. En effet, « le système sol/plante, s’il est utilisé d’une manière passive, possède effectivement des capacités d’absorption lorsque les expositions sont réalisées en enceinte de laboratoire. Cependant, dans des conditions réalistes, les expériences ne permettent pas d’avoir une élimination significative », explique Damien Cuny dans le dossier du programme Phytair. 

De plus, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) considère que l’argument des plantes dites « dépolluantes » ne peut être validé scientifiquement d’après les niveaux de pollution observés dans des espaces confinés et des études scientifiques menées dans ce domaine.

Des solutions plus efficaces que les plantes vertes

La solution la plus efficace, est tout d’abord d’aérer le plus possible nos espaces clos, en veillant à ce que les VMC soient opérationnelles, comme l’explique le Guide de la pollution de l’air intérieur publié par le ministère de la santé. Il est aussi recommandé de ne pas utiliser d’encens ou de bougies parfumées, les fenêtres fermées. Surveiller régulièrement le taux d’humidité d’une pièce permet d‘éviter le développement de moisissures.  

Il est également possible de limiter certains produits ménager voire de les remplacer par des produits plus naturels, de même pour les engrais. Enfin, fumer à la fenêtre ou à l’extérieur diminue considérablement les substances toxiques.  

Coline Reboul Salze

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat sur le Fact Checking entre Curieux et l’EFJ Bordeaux avec les étudiants de seconde et troisième années de cette école de journalisme.