Peste, rougeole et fièvre de Lassa : 3 autres virus qui menacent le monde

Si l’épidémie de coronavirus détectée mi- décembre à Wuhan en Chine a déjà fait 500 morts et 25.000 personnes infectées, d’autres virus puissants menacent certains pays. C’est le cas de la fièvre de Lassa avec 29 morts en un mois ou de la rougeole avec 140.000 décès en 2019. Ou encore de la peste qui refait surface.

 

Fièvre de Lassa : 41 morts en un mois au Nigéria

Proche du virus Ebola, la fièvre hémorragique Lassa sévit au Nigéria depuis un an. En 2019, elle a fait pas moins de 170 morts. Les autorités constatent avec une grande inquiétude une recrudescence des cas en janvier, en pleine saison sèche propice à la contamination, avec pas moins de 41 morts. Ce terrible virus, certes bien moins létal qu’Ebola, se manifeste par une forte fièvre puis par des hémorragies. Le mode de transmission reste le contact avec des selles, urines ou sang de personnes infectées. Cette zoonose (transmission de l’animal à l’homme) viendrait des rongeurs. Selon les autorités, ce virus endémique d’Afrique de l’Ouest contamine de 100.000 à 300.000 personnes par an (5.000 décès).

Le virus Ebola, lui sévit toujours en Afrique : voir l’article de Curieux.

La peste noire revient notamment à Madagascar

La seule évocation de la peste fait trembler. Il faut dire qu’au XIVe, elle a ravagé l’Europe avec 25 millions de morts (50 millions dans le monde). Elle vient de la bactérie Yersinia pestis qui se transmet des rongeurs à l’homme notamment via la piqûre de puce. Elle est considérée comme réémergente par l’OMS car plusieurs foyers de peste demeurent dans le monde et effrayent les autorités sanitaires par sa forte contagion possible et sa mortalité élevée.

Il existe trois formes de pestes : bubonique, septicémique et pulmonaire. Cette dernière est la plus dangereuse : la mort pouvant survenir dans les 24 heures.
En août 2017, cette forme est réapparue à Madagascar. Et en 2014, la ville chinoise de Yumen avait été mise en quarantaine suite à la découverte de cas de peste bubonique. Fin 2019, deux personnes ont été traitées à Pékin pour la peste pulmonaire. En novembre dernier, la Mongolie a signalé un cas de peste suite à l’ingestion d’un lapin sauvage et en mai 2019, un couple est décédé après avoir mangé un rein de marmotte.
L’OMS qui oblige les pays à signaler les cas en recense 50.000 depuis 2000. Ces dernières années, ils sont observés notamment à Madagascar (75%), au Congo et  au Pérou.

140.000 morts de rougeole en 2019

Les autorités sanitaires alertent régulièrement sur les risques de la rougeole. Cette maladie infantile qui touche aussi les adultes est en effet très contagieuse puisqu’un seul individu peut contaminer 20 personnes non vaccinées. Suite à la rougeole contractée par un étudiant de Bordeaux, une épidémie a fortement touché la Nouvelle-Aquitaine. Nous indiquions dans Curieux : « plus de 1000 cas de rougeoles ont été confirmés en Nouvelle-Aquitaine dont un cas sur quatre a nécessité une hospitalisation et 25 patients ont été transférés en réanimation ».
Au niveau mondial, les chiffres sont alarmants.

L’OMS expliquait en décembre dernier : « En 2018, plus de 140 000 personnes sont mortes de la rougeole dans le monde. Ces décès sont survenus tandis que le nombre de cas de rougeole explosait dans le monde entier, avec des épidémies dévastatrices dans toutes les régions. »

Et rappelle : « En 2018, les pays les plus touchés  ̶  ceux ayant le taux d’incidence de la rougeole le plus élevé  ̶  étaient le Libéria, Madagascar, la République démocratique du Congo (RDC), la Somalie et l’Ukraine. Ces cinq pays représentaient près de la moitié des cas de rougeole dans le monde ».
Au Congo, justement, 310.000 cas ont été recensés en 2019 ayant causé la mort de 6000 personnes.

Alexandre Marsat

Photo: UNMEER/Martine Perret

Conakry, Guinea, on 16 January 2015