Les espèces emblématiques et étonnantes de notre région

En partenariat avec « Sud-Ouest », Curieux vous donne rendez-vous chaque semaine avec une « Petite leçon de sciences ». Aujourd’hui, les espèces emblématiques

1- Le lézard ocellé

Quand on aperçoit ce magnifique reptile, on se dit que les lézards ont un petit air de famille aves les dinosaures. Mesurant jusqu’à 75 centimètres avec la queue…, ce (gros) lézard a une robe jaune-vert et des taches arrondies bleues : les emblématiques ocelles qui lui ont donc donné son nom.  Quand vous observez un imposant lézard avec ces taches bleues, cela ne fait de doute c’est lui. En juillet, il est en pleine période de ponte avant la naissance en aout.

S’il est surtout présent en Espagne et au Portugal, il apprécie notre côte atlantique et quelques coteaux secs du Lot-et-Garonne et de Dordogne.

2- Le Guêpier d’Europe

Si le guêpier d’Europe a une taille de… guêpe, il est bien question d’un oiseau friand d’hyménoptères qui lui a donné son nom. Ses couleurs chatoyantes, avec une gorge jaune, un ventre bleu turquoise, la nuque et le haut de la tête roux,… on pourrait croire à un oiseau exotique. Mais les Charentais connaissent bien cette belle espèce et son puissant cri « kruip » car elle a pris ses aises dans les carrières de Guizengeard ou encore à Touvérac.

Les guêpiers d’Europe passent l’hiver en Afrique avant de venir dès le mois de mai en Charente et dans le centre de la France pour se reproduire.

3- L’esturgeon européen

3 mètres de long, 300 kilos, les dimensions que peut atteindre l’animal qui croise dans nos eaux pourraient faire de lui un monstre. Il n’a rien de monstrueux mais son histoire est incroyable : l’esturgeon européen était présent en nombre au début du XXe dans la Garonne, la Dordogne et leur estuaire. Réputé pour sa chair fine, les pêcheurs des petits ports estuariens appréciaient cette proie de choix. Une princesse russe en exil s’arrêtant dans le petit port de Saint-Seurin d’Uzet en Charente-Maritime failli s’étouffer en  voyant les locaux jeter les œufs aux chiens. Le port devint alors la capitale française du caviar !

Beau succès mais le poisson, victime de la surpêche et de la détérioration du milieu, disparu. Depuis 25 ans les chercheurs de l’Inrae de Saint-Seurin sur l’île (24) se sont investis dans un programme de repeuplement de l’espèce en lâchant des milliers d’alevins chaque année.

4- Le pingouin torda

La seule évocation de pingouin nous fait penser au climat froid et même à la banquise. Pourtant cet oiseau marin se plaît sur nos côtes. Migrateur, il passe en effet l’été en Scandinavie avant de prendre ses quartiers d’hiver dans le Golfe de Gascogne comme ses cousins alcidés : les macareux moines et les guillemots de Troïl. Le climat hivernal des côtes de notre région, et notamment le littoral basque, lui plaît mais surtout, il apprécie la ressource halieutique présente en masse ici.

Le changement climatique modifiant la présence des petits poissons qu’il mange, le pingouin remonte vers le nord, dans le pertuis charentais et même en Bretagne.

5- Vrai du faux : la marmotte vient-elle des… Pyrénées ?

C’est la mascotte des touristes et surtout des enfants qui repartent tous avec une peluche du mignon rongeur. Mais la marmotte n’est pas originaire des Pyrénées. Au milieu du XXe siècle, le Parc national des Pyrénées pensant qu’elle avait vécu dans la chaîne de montagne avant de disparaitre décide de la réintroduire en relâchant des marmottes venues des Alpes jusque dans les années 80. Elle s’acclimatera bien à nos vallées de haute montagne et plus difficilement sur la partie basque à cause de hauteur moins élevées et d’un climat différent.

Aujourd’hui elle souffre justement du réchauffement. La couche neigeuse, excellent isolant, diminue ce qui rend les conditions d’hibernation plus difficile et les marmottes doivent puiser dans leurs réserves. Fatiguées à la fin de l’hibernation, les mamans marmottes sont aussi moins grasses et portent alors moins de marmottons au début du printemps.

Alexandre Marsat

Image par B. Hochsprung de Pixabay